La décennie 1990 a enregistré de nombreux cas d’exploitation sexuelle des enfants sans que la société camerounaise ne sache l’ampleur ni toute les manifestations de ce phénomène. Les différentes études menées depuis lors sur le phénomène avaient pour but d’en explorer les manifestations et les formes. C’est ainsi qu’en 2006, l’ASSEJA publie avec l’appui d’ECPAT International une étude sur l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales au Cameroun : cas de Yaoundé, Bertoua et Bamenda.
Les résultats de cette étude sont publiés au cours d’un atelier international organisé en juillet 2006 au palais des congrès de Yaoundé. Si l’ASSEJA a diffusé les résultats de cette étude avec ECPAT, elle n’a pas nié l’apport des études menées par les autres acteurs sociaux. Ainsi, en cas de nécessité, l’ONG ASSEJA aborde dans ses interventions les études menées par les autres acteurs sociaux tels que CAPSCAN, Plan Cameroun et bien d’autres acteurs sociaux qui ont montré l’existence de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales au Cameroun en s’interrogeant sur la perception du phénomène, ses manifestations et bien plus les conséquences tant au niveau de la victime que de la société toute entière.
L’atelier de restitution de l’étude menée par l’ASSEJA a donné lieu en juillet 2006 à une consultation nationale sur l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Au-delà des échanges tenus pendant l’atelier, il y a eu des entretiens avec les responsables gouvernementaux du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS), du Ministère du Tourisme (MINTOUR), des Forces de Maintien de l’Ordre (Interpol) et les acteurs de la société civile (ECPAT et les autres).
Les échanges se sont poursuivis avec une rencontre des organisations de protection de l’enfance en Tanzanie en 2006. Il s’agissait d’échanger sur le cadre de protection des enfants.
Un an plus tard à Lusaka en Zambie, les organisations africaines membres du réseau ECPAT International dont ASSEJA se sont retrouvées pour évaluer leurs politiques de protection et les actions en direction du gouvernement.
Le sommet de Rio au Brésil en 2008 a marqué un tournant décisif dans les échanges puisque tous les acteurs étatiques et non étatiques parmi lesquels ASSEJA se sont retrouvés pour adopter des résolutions permettant de lutter efficacement contre l’exploitation sexuelle des enfants à travers le monde. Tous les Etats ont décidé d’adopter un plan national de lutte contre l’ESEC. C’est ainsi que les conférences, forums et ateliers se sont tenus pour mettre sur pied des stratégies efficaces harmonisées et concertées de lutte contre l’ESEC.
Dès 2006, des actions de sensibilisation, d’éducation et d’information ont été entreprises en direction du grand public au Cameroun. La sensibilisation a touché tant les enfants, les communautés que les autorités et autres acteurs de la société civile. Emissions, dépliants, affiches, causeries et campagnes ont été utilisés comme moyens de sensibilisation.
L’éducation des victimes est poussée plus loin avec des actions de réinsertion sociale et économique tandis que les familles sont accompagnées dans les activités génératrices de revenus. Tous les cas d’ESEC sont traités de façon à offrir une alternative durable aux victimes et à leurs familles en cas de nécessité.
Les actions de sensibilisation menées par l’ASSEJA bénéficient désormais de la pleine participation des jeunes victimes et des enfants à risque. Il ne s’agit plus seulement de campagnes organisées par les animateurs de l’ASSEJA mais d’actions de sensibilisation et de counselling initiées par les jeunes victimes ou à risque eux-mêmes. La sensibilisation et l’information se poursuivent sur le plan international puisque l’ASSEJA contribue à l’actualisation des données relatives à la mise en œuvre du plan d’action de Yokohama au Cameroun. En tant que partenaire du réseau ECPAT International au Cameroun et forte de sa collaboration avec les services étatiques, l’ASSEJA participe à l’actualisation des informations sur la lutte contre l’exploitation sexuelle au Cameroun et milite pour la mise en œuvre de toutes les recommandations nationales ou internationales.
Sur le plan de la réhabilitation et la prise en charge des victimes de l’ESEC, l’ASSEJA s’occupe des jeunes de façon permanente mais 10 d’entre ont été formés dans le cadre du partenariat avec ECPAT International.
Sur le plan de la protection, l’ASSEJA a participé à plusieurs réunions de réflexion qui ont permis d’aboutir à un plan d’action national de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants (consultation nationale en 2006, atelier d’élaboration du plan d’action en 2007, atelier de validation du plan d’action en 2009, atelier de production des supports en 2009 et d’autres ateliers et réunions de réflexion entre les partenaires à différents niveaux).
L’ASSEJA est membre du conseil d’administration d’ECPAT International depuis mai 2010.
A ce jour, plusieurs activités ont été déjà menées par ASSEJA et ses partenaires dans la lutte contre la traite, on peut citer :
La sensibilisation a favorisé l’implication de différents acteurs et la mise en place d’une chaine d’intervention de lutte contre la traite des enfants. A travers cette chaine, différentes administrations et acteurs sociaux se sont rapprochés.
La formation des acteurs a favorisé l’éclosion d’actions de lutte contre traite au sein des organisations de la société civile et même les administrations. Cette formation se poursuit à travers d’autres séminaires et l’introduction de modules spécifiques dans les curricula. Les études exploratoires ont donné la voie à des études spécifiques (mémoires de fin de cycle) et à une enquête nationale quantitative publiée en 2009. La traite des enfants n’est plus seulement mais aussi dans ses proportion.
Le plaidoyer à permis l’adoption en 2005 d’une loi et la mise en place d’un comité de mise œuvre du programme IPEC, d’une commission de lutte contre la traite des enfants au MINTSS et d’une brigade des mœurs dans les locaux du BCN Interpol.
ASSEJA a été l’agence d’exécution du programme d’action de sensibilisation et de communication pour la lutte contre le trafic et la traite des enfants. L’ONG est membre de la commission de lutte contre la traite des enfants au MINTSS.f
La croissance démographique est très importante au Cameroun environ 3% et en Afrique. Les populations des grandes métropoles augmentent à une vitesse exponentielle. Majoritairement pauvres, les populations arrivées en ville et à la recherche d’un mieux être vont construire de manière anarchique sous le regard indifférent de l’Etat. Ce manque de vigilance de la part de l’Etat a légitimé le non-respect des prescriptions et normes régissant la ville en matière d’habitat, et de circulation des biens et des hommes. Pour rattraper ce retard, l’Etat Camerounais a entrepris de déguerpir les habitants des quartiers spontanés, des zones à risque. On estime aujourd’hui à plus de 5.000 familles touchées par ces déguerpissements.
Aussi, suites aux nombreuses démolitions des quartiers, les besoins en logement ont augmenté pendant que l’offre est restée réduite.
En matière de logement, on estime qu’environ 70% de la population urbaine vit dans des quartiers sous structurés et/ou lotis de manière anarchique. On estime à 600.000 unités le déficit actuel en logement et à environ 80.000 pour la seule ville de Yaoundé.
Dans le mécanisme d’attribution de ces logements actuellement appliqué par les différents acteurs privés ou étatiques, aucune condition n’est favorable aux populations défavorisées, elle n’est même pas au centre de la réflexion de l’Etat.
Dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique de l’habitat qui prenne en compte les catégories sociales défavorisées au Cameroun, l’ONG ASSEJA en collaboration avec d’autres acteurs réunis au sein du Groupe Plaidoyer Habitat Cameroun (GPHC), se sont donnés pour mission de faciliter l’accès à un logement décent et à la propriété foncière des couches de populations défavorisées en majorité dans les grandes villes. Pour atteindre cet objectif, plusieurs actions ont été menées : les études, les ateliers/séminaires, les campagnes médiatiques.
Afin de toucher du doigt le problème du logement social au Cameroun et d’avoir la lisibilité des propositions à faire et les axes sur lequel mener le plaidoyer, une démarche en plusieurs points a été adoptée :
Les études et recherches ont été menées dans plusieurs quartiers, plus précisément à Emana, Nkolbisson, Oyomabang, Nkolndongo, Djoungolo, Mimboman.
Cette étude avait pour objectif de faire un état de lieu global de la situation du logement social au Cameroun. Au terme de cette étude, les membres du groupe et les autres partenaires ont été suffisamment édifiés sur les différents aspects (demande, offre, conditions d’accessibilité, réglementation) liés au logement en général et au logement social en particulier.
Elle avait pour objectif premier de mettre en évidence la nécessité ou non d’un texte réglementaire spécifique aux coopératives/mutuelles d’habitat afin que celles-ci puissent jouer pleinement leur rôle en matière de production des logements sociaux au bénéfice des pauvres.
Comme résultat, l’étude a montré que le cadre juridique actuel a permis l’éclosion de nombreuses organisations régies par la loi no 92/006. A ce jour, le registre des COOP/GIC affiche plus de 10 000 structures inscrites dans divers domaines d’activités dont environ 3000 coopératives. Moins de 30 coopératives d’habitat font partie des sociétés pouvant exercer dans le domaine de l’habitat. Elles sont classées dans le même ordre que les autres sociétés commerciales de promotion immobilière. Les critères d’éligibilité et les modalités d’octroi du concours financier de l’Etat pour la réalisation des opérations d’habitat social (prévues à l’article 22 du décret no 2007/1419 du 02 Novembre 2007) ne sont pas définis.
Cette étude avait pour objet d’étudier la solvabilité des habitants des quartiers pauvres pour mesurer leur capacité à contribuer financièrement à la réalisation des logements sociaux.
Au terme de cette étude, il s’est avéré que les populations défavorisées sont solvables et qu’une stratégie devrait être identifiée et utilisée pour améliorer l’efficacité de cette solvabilité.
Problèmes que connaît la population relatifs à l’habitat au Cameroun
L’étude avait pour objectif de conduire une réflexion sur les modalités de mise en place d’un mécanisme de financement du logement social au Cameroun.
Les résultats de cette montre que les sources de financement bien que nombreuses sont difficilement accessibles aux populations pauvres et même aux fonctionnaires.
Afin de conscientiser les populations et de sensibiliser tous les acteurs et bénéficiaires sur l’urgence de la question de l’accès au logement social par les couches défavorisées, des campagnes d’informations et de sensibilisation ont été organisées. Des supports d’informations ont été produits. Les émissions radios et télévisées ont été animées.
Les actions de plaidoyer pour permettre aux pauvres d’accéder aux logements décents
Plusieurs actions de plaidoyer ont été menées auprès des institutions tant nationales qu’internationales. Elles se sont traduites par :
Les membres du groupe ont effectué des voyages dans les pays avancés dans le domaine de l’habitat social. Ces voyages ont été effectués au Pérou, Mali, Kenya et au Maroc. Ces voyages ont permis aux membres du groupe de capitaliser les expériences d’ailleurs et de mieux préparer les propositions à soumettre au Gouvernement.
Au terme de ces études, séminaires, voyages et plaidoyer, des propositions ont été faites principalement au gouvernement. Il s’agit de :